


VISION DES COULEURS
Prenons comme exemple la planche qui représente le chiffre 74 de l’album d’Ishihara. Elle est constituée de 4 tonalités rendues dans deux ou trois niveaux de luminosité.
Il y a deux paires des couleurs rouge – vert qui se trouvent sur deux axes parallèles à l’axe de la zone neutre d’un daltonien.
Le chiffre 74 est constitué par les tonalités « c » et « d » sur un fond « a » et « b ». Un autre chiffre – 21, croisé avec le 74 est formé par les tonalités « d » et « b ».
Pour une personne qui voit normalement les couleurs, les tonalités « c » et « d » qui forment le 74 sont très différentes de « a » et « b » qui font le fond de la planche, comme vous pouvez le voir sur les diagrammes. Pour un daltonien par contre, les couleurs « b » et « d » qui forment le 21 sont identiques car elles se trouvent sur un axe parallèle à l’axe de la zone neutre et différentes des couleurs « a » et « c » qui se trouvent sur un autre axe. C’est la saturation en jaune qui fait la différence entre les deux groupes des couleurs pour les daltoniens.
Toutes les planches d’Ishihara qui ont un chiffre de confusion sont constituées sur le même modèle
Vision chromatique normale
Spectre chromatique d’un daltonien dichromat



Planche d’album Ishihara
Test ISHIHARA
Le test d’Ishihara contient 4 groupes de planches :
1. Les planches démonstratives (2 planches dont une pour les illettrés ou les enfants),
2. Les planches de dépistage (24 planches dont 8 pour les illettrés ou les enfants),
3. Les planches de contre-
4. Les planches pour diagnostique protan -
Chaque planche présente un chiffre (ou un tracé pour les illettrés ou les enfants) sur un fond de contraste. Certaines planches de dépistage contiennent aussi un chiffre de confusion vu par les daltoniens.

Le deuxième modèle de planche de dépistage c’est la planche qui représente le chiffre 16. Le chiffre est représenté par une tonalité verte sur un fond rouge, tonalités qui se trouvent sur l’axe de confusion des daltoniens. Dans le fond sont mélangés aussi des confettis de tonalité jaune qui se trouvent dans la zone de saturation maximale du daltonien.
Le daltonien va essayer de trouver, sans succès, le chiffre formé par la tonalité jaune.
Ce modèle de planche est aussi efficace que le modèle précédent mais il est moins spectaculaire car il ne contient pas de chiffre de confusion car le chiffre de confusion c’est aussi une garantie que le patient n’est pas un simulateur.
Planche d’album Ishihara







Avantages :
1. Rapidité d’examen -
2. Efficacité de dépistage des dyschromatopsies rouge -
3. L’effet du chiffre de confusion. En ce qui me concerne, quand j’ai fait ma spécialité et que j’ai connu le test d’Ishihara, j’ai été émerveillé par le fait qu’un daltonien peut lire un chiffre différent qu’une personne normale ne voit pas. Ce modèle de planche a beaucoup d’effet car, pour les personnes qui ne connaissent pas la façon dont les daltoniens perçoivent les couleurs, cela semble une planche magique. En réalité, elle respecte une règle très simple. Elle présente 4 tonalités en deux classements possibles : un qui correspond à une vision chromatique normale et un autre qui correspond à une dyschromatopsie héréditaire. Le patient n’a qu’a choisir le classement qui correspond à sa vision.
4. Dissimulation difficile. Il est difficile mais ce n’est pas impossible de dissimuler une dyschromatopsie avec le test d’ISHIHARA. Il me revient en mémoire le cas d’un jeune que j’ai examiné dans un centre de recrutement de l’armée et qui voulait être pilote de chasse. Il était daltonien, il le savait, et il a appris par cœur le test d’Ishihara. Il répondait parfaitement à chaque planche présentée mais ce qui a attiré mon attention c’est une erreur qu’il a faite sur une planche (sans doute par manque de concentration) en lisant 21 mais qu’il a corrigé tout de suite en 74. C’est avec un test de classement que je lui ait fait après qu’il s’est avéré daltonien et il m’a avoué qu’il avait appris par cœur les planches de l’album d’Ishihara, car il savait que c’était le test utilisé pour l’examen de la vision des couleurs. Bien entendu l’expérience de l’examinateur est un facteur essentiel qui est valable pour l’utilisation de n’importe quel test.

Le test permet aussi la différenciation entre les protans et les deutans, car le chiffre rouge de gauche est destiné à être vu seulement par les deutans et le chiffre violet seulement par les protans.
Le test réussi assez moyennement à différencier les deux catégories car 17 % des patients, soit lisent les deux chiffres, soit ne lisent aucun
Planche destinée à différencier
les protans et les deutans
Inconvénients :
1. Il est incapable de dépister le dyschromatopsies jaune -
2. Impossibilité de différencier les dyschromatopsies rouge -
3. Impossible d’étalonner le déficit. Un trichromat anormal (perception des trois couleurs fondamentales mais avec un déficit pour une des couleurs) sera sanctionné de la même façon qu’un dichromat (absence totale de perception d’une couleur fondamentale).
4. Il n’y a pas d’image graphique qui soit personnalisée au patient.
5. Simulation possible. Il faut avoir un minimum de connaissance sur le test d’Ishihara pour simuler une dyschromatopsie. Les planches qui contiennent des chiffres de confusion sont faciles à retenir et à lire 21 au lieu de 74 ou 3 au lieu de 8 et de toute façon les chiffres de confusion sont visibles et ce n’est pas difficile de le deviner.
6. Il n’est pas livré avec un éclairage adapté. Faire l’examen à la lumière du jour, ciel du nord est très contraignant car très peu de cabinets d’ophtalmologie disposent de lumière du jour et même s’ils en disposent, la lumière du jour est très variable entre matin midi et soir, ciel clair, nuageux, etc.
En conclusion :
Le test d’Ishihara est un excellent test à condition d’être utilisé dans le but pour lequel il à été conçu : dépistage des dyschromatopsies héréditaires.
Pour les daltoniens, utiliser aussi un test d’étalonnage pour préciser l’importance de leur handicap, le retentissement sur leur vie quotidienne ou sur leur lieu de travail.
Il faut aussi préciser que le diagnostique posé avec le test d’Ishihara comme « vision chromatique normale » n’est pas toujours exact car les dyschromatopsies acquises dues à des diverses pathologies oculaires (glaucome, choriorétinite, maculopathies) ou générale (diabète) ne sont pas dépistées et peuvent être plus handicapantes que les dyschromatopsies héréditaires.
Voici les images du spectre chromatique – vu par un trichromat normal, un trichromat anormal d’axe Deutan et un trichromat anormal d’axe Tritan..
A ne pas utiliser le test d’Ishihara :
Avec un éclairage inadapté,
Pour le dépistage de dyschromatopsies acquises.



Vision chromatique normale
Test IONICA = Deutéranomalie héréditaire niveau 0.7
Test Ishihara = Daltonien
Oedème maculaire traumaique
Test IONICA = Tritanomalie niveau 0.1
Test Ishihara = vision chromatique normale
